Décès d’un grand-parent : avez-vous droit à des jours de congé ?

Décès d’un grand-parent : avez-vous droit à des jours de congé ?

5 juin 2026 0 Par La Rédaction

La perte d’un aïeul est une épreuve douloureuse qui nécessite du temps pour le recueillement et l’organisation logistique. Au moment de prévenir son employeur, une réalité juridique surprend souvent les salariés : contrairement au décès d’un parent ou d’un enfant, la disparition d’un grand-parent n’ouvre pas automatiquement droit à des jours de congé selon le Code du travail. Cette absence de socle légal universel crée une disparité entre les travailleurs, selon leur secteur d’activité ou les accords internes à leur entreprise.

Ce que dit le Code du travail : l’absence de droit automatique

Il est nécessaire de dissiper un malentendu fréquent. L’article L3142-1 du Code du travail liste précisément les événements familiaux ouvrant droit à des congés exceptionnels. Si le législateur a prévu des absences rémunérées pour le décès d’un conjoint, d’un partenaire de PACS, d’un parent, d’un beau-parent ou d’un frère et d’une sœur, les grands-parents ne figurent pas dans cette liste officielle.

Tableau comparatif des jours de congé légaux en France en cas de décès d'un proche
Tableau comparatif des jours de congé légaux en France en cas de décès d’un proche

En l’absence de mention dans la loi, l’employeur n’a aucune obligation légale d’accorder un jour de repos pour assister aux obsèques. Si vous vous basez uniquement sur le droit commun, vous pourriez être contraint de poser un jour de congé payé ou un RTT. Toutefois, cette règle n’est que le point de départ, car la réalité du terrain est souvent plus favorable grâce aux accords collectifs.

La convention collective : votre recours pour obtenir des jours

Si la loi reste muette, tournez-vous vers votre convention collective, vos accords d’entreprise ou les usages en vigueur. Ces textes ont pour vocation d’améliorer les dispositions minimales du Code du travail. Dans une majorité de secteurs, les partenaires sociaux incluent le décès des grands-parents dans les motifs d’absence autorisée.

Durées généralement constatées

Lorsqu’une convention collective prévoit un congé pour le décès d’un grand-parent, la durée est le plus souvent fixée à 1 jour ouvrable. Certaines branches plus généreuses accordent jusqu’à 2 jours, notamment si le salarié doit effectuer un déplacement important. À titre d’exemple, la convention collective de la Banque ou celle du Commerce de détail prévoient fréquemment une journée d’absence pour ce motif, tout comme certains statuts dans le secteur du BTP.

Comment trouver l’information dans votre entreprise ?

Pour connaître vos droits, consultez votre bulletin de paie : le nom de votre convention collective y figure. Vous pouvez ensuite rechercher le texte intégral sur Légifrance ou interroger votre service des Ressources Humaines. Vérifiez également l’existence d’un usage d’entreprise : si votre employeur a l’habitude d’accorder ce jour à tous les salariés depuis des années, cela peut devenir un droit opposable, même sans mention écrite dans la convention.

Ces accords ne sont pas des faveurs, mais des acquis négociés pour préserver l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. En comprenant que ces textes font la médiation entre les impératifs de production et le respect de la mémoire familiale, le salarié peut aborder sa demande avec une légitimité renforcée.

Démarches administratives et justificatifs

Si vous bénéficiez d’un congé via votre convention collective, celui-ci est considéré comme du temps de travail effectif. Votre salaire est intégralement maintenu et cette absence n’entraîne aucune réduction de vos congés payés annuels.

L’obligation de fournir une preuve

Comme pour tout congé pour événement familial, votre employeur est en droit de demander un justificatif. Le document standard est l’acte de décès. Si le lien de parenté n’est pas évident, un livret de famille peut être exigé pour prouver la filiation. Prévenez votre hiérarchie par écrit dès que possible, même si le justificatif n’est transmis qu’au retour de l’absence.

Le décompte en jours ouvrables

Le congé est généralement exprimé en jours ouvrables, c’est-à-dire tous les jours de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés. Si le décès survient pendant vos congés payés, la jurisprudence est stricte : en principe, le congé pour événement familial ne prolonge pas les vacances, sauf si votre convention collective stipule le contraire.

Récapitulatif des droits par lien de parenté

Pour mieux situer vos droits, voici un comparatif des durées minimales garanties par le Code du travail pour les membres de la famille :

Lien de parenté Durée légale minimale
Enfant 12 jours (14 jours si moins de 25 ans)
Conjoint, partenaire de PACS, concubin 3 jours
Père, mère 3 jours
Beau-père, belle-mère 3 jours
Frère, sœur 3 jours
Grand-parent 0 jour (sauf convention collective)

Que faire sans droit conventionnel ?

Si ni votre convention collective ni aucun accord d’entreprise ne prévoit de jour pour le décès d’un grand-parent, vous disposez de trois alternatives pour vous absenter :

  • Poser un jour de congé payé ou un RTT : C’est la solution la plus courante. L’employeur peut valider ce congé à la dernière minute compte tenu des circonstances.
  • Demander un congé sans solde : Si vous n’avez plus de jours disponibles, vous pouvez solliciter une autorisation d’absence non rémunérée. L’employeur est libre de l’accepter ou de la refuser.
  • L’aménagement d’horaires : Dans certaines structures, il est possible de s’arranger pour récupérer les heures d’absence sur le reste de la semaine.

La communication reste la clé. Même sans obligation légale, la plupart des employeurs font preuve d’humanité face à un deuil familial. Expliquer la situation calmement et proposer des solutions pour assurer la continuité des dossiers en cours facilite souvent l’obtention d’une autorisation d’absence.